ENTRE MES DOIGTS

#5 - Ces femmes qui accouchent avec courage mais sans dignité

Augustine SONNA

Sage-femme

Accompagnante périnatale

Hello Mon Amazone !

Bienvenue dans cette nouvelle épisode de notre aventure périnatale : Une Naissance Mais Pas Que !

Je suis ravie de t’accueillir dans cet univers dédiée à la maternité. Nous ne sommes peut-être qu'une quinzaine pour l'instant ; mais je suis convaincue que cette communauté grandira avec le temps et deviendra une source inestimable de partage et de soutien.

Reçois cette rose en guise de rémerciements de ma part pour ton temps précieux passé à me lire🌹.

Petit moment selfie en attendant

le début de cette conférence.

TEMPS FORTS

INTRODUCTION

Il y a des cris qu’on n’entend pas, parce qu’ils se perdent entre les murs d’une salle d’accouchement.
Des larmes qu’on essuie vite, parce qu’on nous dit : “le plus important, c’est que le bébé aille bien.”
Mais derrière chaque naissance, il y a parfois une autre histoire : celle d’une femme qui a donné la vie… en laissant un morceau de sa dignité sur la table d’accouchement.

1. Quand la naissance fait mal, autrement

On en parle très peu, et pourtant, c’est une réalité quotidienne : des femmes accouchent avec courage, mais sans respect. Elles mettent au monde un enfant dans des conditions parfois humiliantes, brusques, ou déshumanisantes.
Et après, on leur dit juste : “Le bébé va bien, c’est l’essentiel.”

Non. Ce n’est pas l’essentiel.
L’essentiel, c’est aussi la façon dont la femme est traitée pendant qu’elle donne la vie.

👉 On lui parle sèchement : “Arrête de crier, tu déranges tout le monde.”

👉 On les gronde parce qu'elles crient trop fort.

👉 On lui balance au visage des phrases dénudées de sens comme : "le jour que ça entrait, tu ne criais pas"
👉 On l’examine sans expliquer ce qu’on fait.
👉 On la recoud sans anesthésie “parce que c’est rapide”.
👉 Et quand elle ose dire qu’elle a eu mal, on lui répond : “Tu es devenue maman, c’est normal d’avoir mal.”

Ces phrases-là, beaucoup les ont entendues. Mais très peu en parlent, par honte, par peur d’être jugées, ou simplement parce qu’on leur a appris à se taire.

2. Quand le manque de respect devient une blessure invisible

Le corps guérit. Mais les mots durs, les gestes brusques, les humiliations… laissent des traces. Des femmes sortent de la maternité avec un bébé dans les bras, mais un cœur en miettes.
Elles sourient sur les photos, mais à l’intérieur, elles revivent la scène encore et encore. Certaines n’arrivent plus à parler de leur accouchement. D’autres se sentent coupables d’avoir “mal vécu quelque chose d’aussi beau”.
Et d’autres encore développent une peur de retomber enceintes, juste à cause de ce souvenir.

Ce n’est pas une exagération. C’est ce qu’on appelle les violences obstétricales.
Elles existent, et elles détruisent silencieusement, comme ces femmes dans les captures ci-dessous. J'ai juste tenu à en mettre quelques, mais elles en sont une panoplie :

3. On peut faire autrement

Respecter une femme qui accouche, c’est simple. Ce n’est pas une faveur, c’est un droit.

➡️ C’est expliquer chaque geste avant de le faire.
➡️ C’est lui demander son accord.
➡️ C’est l’appeler par son prénom, pas “la patiente de la salle 2”.
➡️ C’est la regarder, la rassurer, la laisser respirer à son rythme.
➡️ C’est lui donner la possibilité de choisir.

Une femme qui accouche, c’est une femme qui fait un acte immense.
Elle mérite du respect, de la douceur et de la considération.

Donner la vie, c’est un acte sacré. C’est un passage puissant, vulnérable, spirituel. Chaque mot, chaque geste compte.
Accompagner une naissance, ce n’est pas seulement un acte médical. C’est une rencontre d’âmes, une cocréation entre la mère, le bébé… et ceux qui les entourent.

C’est pour cela que je parle, que j’écris, que j’accompagne ; parce que je crois qu’aucune femme ne devrait accoucher sans dignité ; parce que le respect, la bienveillance et la présence sont des droits, pas des privilèges.

4. Briser le tabou, c’est guérir.

Trop de femmes pleurent en silence, convaincues qu’elles sont seules à ressentir ce chaos intérieur.
Mais la vérité, c’est que tu n’es pas seule.
Et plus on ose en parler, plus on guérit : individuellement et collectivement.

Ces larmes qu’on ne montre pas sont souvent le début d’une guérison profonde.
Elles disent : “je suis vivante”, “je ressens”, “je traverse”.
Et c’est déjà immense.

POUR TERMINER

C’est le cœur même du programme Maternité 3.0 : accompagner les femmes à vivre leur maternité en conscience, dans leur puissance, avec des outils concrets pour ne plus subir, mais vivre pleinement leur naissance.

Dans Maternité 3.0, on parle de préparation physique, émotionnelle, psychologique et spirituelle.
On t'apprend à te reconnecter à ton corps, à poser tes limites, savoir ce que tu veux (et ce que tu ne veux pas), à comprendre ton corps et tes droits, à accueillir la naissance avec confiance ; et non dans la peur ; justement parce que tu mérites de donner la vie dans le respect de la tienne.

Augustine SONNA

The Atypical Midwife !

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