ENTRE MES DOIGTS

#2 - Vivre la maternité avec un compagnon présent, mais absent

Augustine SONNA

Sage-femme

Accompagnante périnatale

Hello Mon Amazone !

Bienvenue dans cette nouvelle épisode de notre aventure périnatale : Une Naissance Mais Pas Que !

Je suis ravie de t’accueillir dans cet univers dédiée à la maternité. Nous ne sommes peut-être qu'une quinzaine pour l'instant ; mais je suis convaincue que cette communauté grandira avec le temps et deviendra une source inestimable de partage et de soutien.

Reçois cette rose en guise de rémerciements de ma part pour ton temps précieux passé à me lire🌹.

Une visite chez ma sistoune et un moment convivial passé

ensemble autour des haricots verts à découper.

TEMPS FORTS

INTRODUCTION

Il y a des femmes qui traversent leur grossesse comme on traverse un désert : avec un compagnon présent, mais absent. Il est là, oui, il paye les rendez-vous, il conduit à l’hôpital, parfois il sourit devant les échographies. Mais émotionnellement, il est ailleurs. Et dans beaucoup de foyers africains, cette distance est tellement banale qu’on ne la remarque même plus.

1. Le mythe du “ça, c’est une affaire de femmes”

En Afrique, on a souvent enseigné aux hommes que la grossesse est l’affaire des femmes.
Eux, leur rôle, c’est "d’assurer" : assurer les factures, la nourriture, le taxi pour l’hôpital.
Mais pas d’écouter; pas de comprendre; pas de partager les peurs, les doutes, la fatigue.

C’est culturel, presque héréditaire.
On leur a rarement montré qu’un homme peut être fort et présent, viril et doux, responsable et vulnérable.
Alors ils s’enferment dans un rôle de pourvoyeur silencieux, et la femme, elle, se retrouve à vivre l’expérience la plus bouleversante de sa vie; seule dans son corps, seule dans ses émotions, seule dans son lit.

2. “Il pense que je dramatise”

Ce sont souvent les mêmes phrases qu’on entend :

“Il dit que je me plains trop.”
“Il dit que nos mères ont eu dix enfants sans faire tout ce cinéma.”
“Il pense que c’est juste des caprices d’hormones.”

Et derrière ces mots, il y a une blessure profonde : celle de ne pas être crue, ne pas être comprise, ne pas être accompagnée. Beaucoup d’hommes ne réalisent pas que la grossesse n’est pas seulement un changement du ventre, mais un séisme intérieur : physique, hormonal, émotionnel, identitaire. Ce n’est pas que les femmes veulent qu’on les serve. Elles veulent juste qu’on soit là, qu’on reconnaisse ce qu’elles vivent. Pas qu’on leur dise “tu es forte”, mais qu’on leur dise “je te vois”.

3. Une solitude qui ne se dit pas

Dans les discussions entre femmes, cette solitude est un sujet tabou. On se plaint entre copines, discrètement, mais on n’en parle pas vraiment,; parce qu’on ne veut pas “manquer de respect à son mari”; parce qu’on ne veut pas qu’on dise qu’on a un “mari indifférent”.
Alors on garde le sourire, on poste les photos de ventre rond sur WhatsApp, et la nuit, on pleure un peu. La vérité, c’est que la grossesse, dans beaucoup de couples africains, met à nu le fossé émotionnel.
Et souvent, il ne date pas d’hier : il existait déjà, mais la grossesse le rend visible.

4. Le poids du modèle viril africain

Un homme qui s’intéresse trop à la grossesse de sa femme, on le traite de “faible”, de “dominé”. Dans beaucoup d’environnements, la virilité est encore associée à la distance. Alors il reste en retrait, pour “garder sa place”.
Mais dans ce retrait, il perd quelque chose : la possibilité de créer du lien, de vivre une vraie paternité dès le départ.

Et ce qui est fou, c’est que beaucoup d’hommes souffrent aussi de ça, sans le dire. Ils se sentent inutiles, maladroits, parfois rejetés. Mais ils ne savent pas comment exister dans cette histoire. On ne leur a pas appris.

5. La grossesse comme miroir du couple

La grossesse, ce n’est pas qu’une aventure biologique. C’est un miroir. Elle révèle le type de lien qu’on a.
Certaines découvrent un mari tendre, curieux, attentif. D’autres découvrent un étranger, qui dort dans le même lit, mais qui ne les touche plus, ne les regarde plus, ne les écoute plus. Et là, ce n’est plus seulement une histoire d’hormones. C’est une question de culture, d’éducation émotionnelle, de conscience masculine.

6. Ce qu’on devrait commencer à dire aux hommes

On ne leur dit pas assez que :

  • la grossesse n’est pas un film de femmes, mais une histoire de couple.

  • la présence ne se mesure pas à l’argent, mais à la qualité du regard, du geste, de la parole.

  • écouter sa femme, c’est aussi prendre soin de son enfant à venir.

On devrait leur apprendre à être, pas seulement à faire.
On devrait leur apprendre à poser une main sur le ventre sans se sentir “bête”.
On devrait leur apprendre à poser une question sans se sentir “faible”.
On devrait leur apprendre à accompagner sans se sentir “infériorisé”.

7. Et à nous, les femmes, de ne plus normaliser

Parfois, sans s’en rendre compte, on entretient le modèle. On dit : “Ah, c’est comme ça, les hommes.” Mais non, ce n’est pas “comme ça”. Ce n’est pas une fatalité. C’est un héritage culturel qu’on peut questionner, transformer et surtout redéfinir.

8. Et si on élevait nos fils autrement ?

Le vrai changement, il commence là; pas seulement dans les couples actuels, mais dans la manière dont on élève nos garçons. Qu’ils sachent que :

  • la grossesse n’est pas un film de femmes, mais une histoire de couple.

  • la présence ne se mesure pas à l’argent, mais à la qualité du regard, du geste, de la parole.

  • écouter sa femme, c’est aussi prendre soin de son enfant à venir.

POUR TERMINER

Cet article, ce n’est pas pour juger les hommes. C’est pour mettre des mots sur ce que beaucoup de femmes taisent,
et ouvrir la voie à une maternité conscience, plus juste, plus humaine, plus partagée. Parce que non, la maternité ne devrait pas se vivre dans le vide émotionnel. Et non, préparer une naissance ne devrait pas se limiter à une liste d’affaires pour la maternité.

C’est de cette réalité qu’est né Maternité 3.0, le programme d’accompagnement à la naissance et à la parentalité.
Un espace où on prépare le corps, le cœur, l’esprit et l’âme à accueillir la vie autrement; en conscience, en douceur, et sans s’oublier soi-même.

Alors, si tu veux vivre une maternité consciente, intentionnelle et non juste la traverser en mode survie, Maternité 3.0 est le début d’un nouveau chapitre pour toi. Clique ici pour en savoir plus...

Augustine SONNA

The Atypical Midwife !

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